L'OMCT appelle à une enquête immédiate sur l'agression des femmes en Algérie

Genève- L'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), la principale coalition internationale d'organisations non gouvernementales luttant contre la torture et toutes autres formes de mauvais traitements, a appelé les autorités algériennes à "garantir qu'une enquête immédiate, efficace, exhaustive, indépendante et impartiale " soit menée sur les agressions des femmes à Hassi Messaoud.

Dans une lettre ouverte au ministre algérien de la Justice, le secrétaire général de l'OMCT, M. Eric Sottas, qui exprime la profonde préoccupation de son organisation " face à l'inertie de la police et des autorités compétentes suite à la série d'agressions perpétrée à l'encontre de femmes vivant et travaillant dans la ville de Hassi Messaoud", appelle à "identifier les responsables de ces agressions, à les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et à appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi".

La lettre rappelle que "selon les informations reçues de sources fiables, les femmes ont été physiquement agressées à leur domicile, la nuit, par des groupes généralement composés de cinq à six individus, apparemment dans le but de les voler ". Les informations font également état de "violences sexuelles à l'encontre de certaines de ces femmes". Ces agressions, ajoute-t-on, se sont déroulées dans les quartiers dits des 36 et 40 Logements de Hassi Messaoud, deux quartiers où résident beaucoup de femmes, souvent seules, venues travailler dans la région. Selon les mêmes informations, ajoute la lettre, "les mesures prises par la police pour protéger les femmes dans lesdits quartiers suite à ces évènements restent minimes et, malgré des plaintes déposées par certaines des victimes auprès de la police, celles-ci ne semblent pas avoir fait l'objet d'une enquête adéquate par les autorités compétentes".

L'OMCT rappelle que la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes des Nations Unies établit en son article 4.c que les Etats ont le devoir d'" agir avec la diligence voulue pour prévenir les actes de violence à l'égard des femmes, enquêter sur ces actes et les punir conformément à la législation nationale, qu'ils soient perpétrés par l'Etat ou par des personnes privées ".

L'Organisation, qui demande aux autorités algériennes d'assurer que des mesures adéquates soient prises afin de protéger efficacement les femmes de Hassi Messaoud, en particulier les plaignantes et les témoins, souligne que " tout Etat doit garantir à la victime d'une violation le droit d'obtenir réparation.